Ayant accueilli des Juifs victimes de l’antisémitisme et des survivants du génocide perpétré par les nazis, l’État d’Israël a le droit de vivre en paix et de voir ses frontières reconnues. A cet égard, nous restons fidèles à la double exigence affirmée par Pierre Vidal-Naquet au lendemain de la guerre de 1967( < Après > Le Monde du 13 juin 1967 ) : défendre l’existence de cet État mais exiger aussi de lui l’évacuation des territoires conquis alors afin que puisse s’y établir un État palestinien. Hélas, les élections législatives de mars 2015 et la formation du gouvernement qui en résulte nous éloignent encore davantage de cette issue. En effet, elles ont donné la victoire à Benjamin Netanyahou, lequel a déclaré ouvertement son refus d’un tel État. Forts de leur supériorité militaire, les gouvernants actuels de l’État d’Israël risquent donc de rendre impossible toute création d’un Etat pour le peuple palestinien. Comme on peut le constater, la poursuite de la colonisation de l’ensemble de Jérusalem et de la Cisjordanie ainsi que le blocus aérien, maritime et terrestre de Gaza, condamnent sa population civile, au mieux à survivre, au pire à mourir parmi les ruines.Il faut donc des sanctions et des pressions internationales à l’encontre de cette politique. Nous sommes préoccupés, en France, par la montée de l’antisémitisme et des autres formes de racisme et nous les combattons. Mais nous nous élevons aussi, avec force, contre tous ceux qui se servent de l’argument de l’antisémitisme pour refuser de critiquer la politique désastreuse menée par Benjamin Netanyahou. Continuer la lecture de Combattre l’antisémitisme et sanctionner la politique israélienne
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Appel du 19 août 2014
Ce texte, du 19 août 2014, a été publié au moment de l’attaque par l’armée israélienne de la bande de Gaza par LeMonde.fr, L’Humanité et Mediapart
Trop, c’est trop ! il faut des pressions sur Israël
« Trop, c’est trop ! », c’était le cri lancé en décembre 2001 par Madeleine Rebérioux, Pierre Vidal-Naquet, Stéphane Hessel et d’autres lorsque des coups dramatiques étaient portés contre Yasser Arafat et l’Autorité palestinienne à Ramallah. C’est ce cri que nous répétons aujourd’hui face à cette nouvelle offensive militaire qui ne mène à rien. Pas plus que les précédentes opérations de l’armée israélienne à Gaza, ou que l’invasion du Liban à laquelle avait réagi un texte de ce même collectif intitulé « Assez ! », paru le 27 juillet 2006, le dernier que Pierre Vidal-Naquet a signé quelques jours avant sa mort. Il disait l’essentiel : « À l’opposé de la logique guerrière, nous pensons que des victoires militaires ne garantissent pas l’avenir d’Israël. Seuls un dialogue ouvert et la recherche patiente d’une cohabitation avec un véritable État palestinien permettraient aux Israéliens d’obtenir la paix avec leurs voisins arabes. »
Un mois après l’entrée de l’armée israélienne à Gaza, le bilan humain est très lourd – plus de 2 000 morts palestiniens, dont 85% de civils, sans compter les milliers de blessés et les centaines de milliers de sans-abris, ainsi que 67 morts israéliens dont trois civils – et, surtout, il n’y a pas de vainqueur et il ne peut y avoir de vainqueur.
Les autorités israéliennes pensaient pouvoir contrôler l’ensemble de la bande de Gaza et obliger les groupes armés à y cesser le combat, elles ont constaté, au vu de la résistance qu’elles y ont rencontrée, que ce serait au prix de pertes décuplées dans leurs rangs et de la transformation de tout ce territoire en un champ de ruines, avec plusieurs milliers de victimes civiles. L’opinion israélienne, elle-même, qui soutenait cette guerre à plus de 90% estime très majoritairement qu’au bout d’un mois, elle n’a pas conduit à une victoire. De fait, quand une guérilla s’enfouit sous terre pour combattre, elle montre à la fois qu’elle dispose du soutien d’une grande majorité de la population et que ses soldats sont prêts à creuser leur propre tombe plutôt que se soumettre. Chacun sait qu’il n’existe pas de solutions militaires et que seule une solution politique est possible.
Mais la société israélienne ne veut pas, aujourd’hui, rechercher une solution fondée sur deux Etats et le retrait des territoires palestiniens occupés en 1967, qui puisse assurer à long terme à Israël un avenir pacifique. L’hystérie guerrière aux accents parfois franchement racistes qui a déferlé pendant ce mois d’opérations militaires à Gaza s’est accompagnée d’une répression encore jamais vue contre les pacifistes israéliens et de violences contre les Palestiniens, y compris ceux de nationalité israélienne, elle a aggravé l’aveuglement nationaliste dominant. Un aveuglement qui a conduit le gouvernement israélien à suspendre sa participation à des négociations laissant entrevoir une trêve durable et à reprendre les bombardements sur Gaza.
Une solution ne peut venir que d’une démarche résolue de la communauté internationale et des sanctions contre l’Etat d’Israël et ses institutions pour l’amener à respecter enfin le droit international et les légitimes aspirations des Palestiniens à vivre eux aussi en paix au sein de frontières sûres et reconnues.
Or, cinquante sept ans après la guerre des Six-jours, la colonisation de la Cisjordanie se poursuit et les habitants de Gaza sont toujours enfermés dans un ghetto qui vaut occupation. L’émotion légitime que cette situation provoque dans notre pays comme partout dans le monde ne doit certes pas être détournée par une extrême minorité qui dévoie le soutien aux droits du peuple palestinien en un antisémitisme toujours aussi insupportable et qui doit être réprimé. Mais rien ne justifie que certaines organisations communautaires juives marquent du sceau infamant de l’antisémitisme ceux et celles qui revendiquent haut et fort un Etat pour la Palestine. Il n’est pas plus acceptable que ces mêmes organisations se fassent les portes parole des intérêts israéliens en tentant de criminaliser toute tentative citoyenne, notamment au travers d’un boycott des produits israéliens, de s’opposer à une politique meurtrière pour les Palestiniens et suicidaire pour les Israéliens.
Comme le gouvernement, nous n’acceptons pas que le conflit israélo-palestinien soit importé en France. Mais nous refusons que le droit de s’exprimer soit rendu tributaire de telle ou telle solidarité. C’est alors la capacité de débattre démocratiquement qui est mise en cause, ouvrant la voie aux assignations à résidence et aux affrontements communautaires. Nul n’est légitimé à se faire le porte parole de l’une des parties au conflit.
Face à cette nouvelle guerre meurtrière, face aux atteintes à la liberté d’expression nous ne pouvons nous taire. Nous demandons : que les Nations unies imposent, sous peine de sanctions, le retrait durable des troupes israéliennes de Gaza, l’envoi d’une force d’interposition et de protection du peuple palestinien et la fin du blocus aérien, maritime et terrestre de ce territoire ; que l’Union européenne suspende son accord d’association avec Israël, comme le prévoit son article 2 ; que la France cesse immédiatement toute coopération militaire avec Israël et mette un embargo total sur les armes et transferts de technologie pouvant déboucher sur un usage militaire à destination d’Israël ; que la Palestine soit, enfin, reconnue comme un membre à part entière de l’ONU ; que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale pour que les responsables de tous les crimes de guerre aient à rendre compte devant la justice ; que l’on impose aux produits israéliens issus des colonies un traçage particulier pour les distinguer des autres et que l’on cesse de poursuivre ceux et celles qui tentent de faire respecter la législation ou manifestent leur solidarité avec le peuple Palestinien. Nous appelons à un engagement plus déterminé encore de l’opinion démocratique française pour imposer le droit international, soutenir les aspirations trop longtemps écrasées du peuple palestinien, imposer l’arrêt de la colonisation et le renoncement au projet de « Grand Israël », faire comprendre enfin à la société israélienne qu’elle se dirige dans une impasse suicidaire et qu’elle doit regarder la réalité en face.
Etienne Balibar, philosophe ; Anne Brunswic, journaliste et écrivain ; Alice Cherki, psychanalyste ; Jocelyne Dakhlia, historienne et anthropologue ; Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue et philosophe ; Jean-Pierre Dubois, juriste ; Catherine Lévy, sociologue ; Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien et essayiste ; Gilles Manceron, historien ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue ; Pierre Nicodème, mathématicien-informaticien ; Abraham Ségal, documentariste ; Jacques Testart, biologiste ; Michel Tubiana, président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme.
Appel du 19 aout 2014 (pdf)
Soutien au Tribunal Russell sur la Palestine
Solidaire de la démarche du Tribunal Rusell pour la Palestine, le collectif « Trop, c’est trop! » a décidé de lui faire, pour sa prochaine session qui se tiendra à Londres du 20 au 22 novembre 2010 et où notre ami Stéphane Hessel jouera un rôle actif, un don de 2000 euros sur les souscriptions qu’il a reçues. Dans le cas où de nouveaux dons seraient versés au collectif « Trop, c’est trop ! » (chèques à l’ordre : « LDH. Trop, c’est trop ! ») il se propose d’apporter au Tribunal Rusell pour la Palestine un nouveau soutien financier.
Vous trouverez ci-dessous, l’appel du Tribunal Rusell pour la Palestine.
Le collectif « Trop, c’est trop ! »
Soutenez le Tribunal Russell sur la Palestine
En 1966, Lord Bertrand Russell, éminent mathématicien, logicien, philosophe, écrivain, prix Nobel de littérature en 1950, homme politique, prit l’initiative de la création d’un Tribunal d’opinion chargé de statuer sur les crimes de guerre des Etats-Unis au Vietnam. Ce Tribunal, présidé par Jean-Paul Sartre, constitué de personnalités éminentes, rendit une sentence sans équivoque en répondant oui aux 11 questions relatives à la responsabilité des Américains et de leurs alliés dans la région. Bien entendu, la sentence était purement symbolique. Elle eut toutefois un écho considérable et contribua sans nul doute à la mobilisation de l’opinion internationale, ce qui précipita la fin de la guerre et le départ sans gloire de l’armée américaine.
Le Tribunal Russell n’a aucun caractère légal mais agit comme un tribunal populaire des consciences face aux injustices et aux violations du Droit international qui ne sont pas prises en compte par les juridictions légales internationales ou qui, quand elles le sont, continuent de se perpétrer en toute impunité du fait du manque de volonté politique de la communauté internationale.
Le crime de silence, d’indifférence, voici ce qui guette la Palestine martyre. C’est donc tout naturellement que la Fondation pour la Paix Bertrand Russell a lancé la mise en place d’un Tribunal Russell chargé d’examiner les violations du Droit international dont est victime le peuple palestinien et qui le privent d’un Etat souverain.
Un appel à parrainage (voir le site internet www.russelltribunalonpalestine.com ) a été signé par des dizaines de personnalités prestigieuses, anciens dirigeants politiques de haut rang, Prix Nobel de Littérature et de la Paix, cinéastes, grands musiciens, sportifs célèbres et juristes internationaux. Un Comité Organisateur International s’est mis en place et des Comités nationaux d’appui se sont constitués.
La première session du Tribunal Russell pour la Palestine s’est tenue les 1er, 2 et 3 mars 2010, à Barcelone. La ville a été choisie en raison de son caractère symbolique ; c’est là en effet qu’ont été signés les accords d’association euro-méditerranéens. Le choix du thème était tout aussi symbolique. Il s’agissait d’y aborder les manquements de l’Union européenne et de ses Etats membres par rapport à l’application des règles du droit international par l’Etat d’Israël, puissance occupante de la Palestine.
L’organisation de la session a été remarquable, grâce au soutien de nombreuses institutions catalanes, et les plus grands quotidiens (El Pais, El Mundo, Publico, ABC…) ainsi que la télévision publique espagnole l’ont largement couverte. Elle s’est tenue sous la présidence d’honneur de Stéphane Hessel, ambassadeur de France ; parmi les membres du jury se trouvaient l’irlandaise Mairead Corrigan Maguire, Prix Nobel de la Paix et la française Gisèle Halimi, avocate, ancienne ambassadrice à l’UNESCO.
Au cours de cette session, ont été rassemblés les textes du Droit International dont la violation par Israël est avérée depuis 60 ans. Entrent dans ce cadre pas moins de dix grandes conventions internationales et plus de trente résolutions de l’Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité de l’ONU. Neuf experts ont été entendus, ainsi que de nombreux témoins.
Le Tribunal a été appelé à se prononcer sur six questions, au cours de huit séances :
- les manquements de l’UE à ses obligations de faire respecter la loi internationale concernant le droit à l’autodétermination du peuple palestinien,
- le blocus de Gaza et l’opération « Plomb durci »,
- le droit du peuple palestinien à la pleine souveraineté sur ses ressources naturelles,
- l’annexion de Jérusalem-Est par Israël,
- la construction du Mur par Israël dans les territoires palestiniens occupés,
- les accords signés entre l’Union Européenne et l’Etat d’Israël.
Les conclusions du Tribunal (ici) ont été communiquées le 3 mars 2010 et ont été transmises aux Parlements catalan et espagnol. Elles seront communiquées au Président et à la Commission de l’U.E., au Parlement de l’U.E. et à ses groupes politiques, au Comité pour les Droits Inaliénables du Peuple Palestinien de l’ONU et au Secrétaire de l’ONU.
Parmi ces conclusions, on relève tout particulièrement les demandes
– de la suspension de l’accord d’association U.E.-Israël,
– de la mise en place de l’ensemble des dispositions législatives permettant aux Etats européens de poursuivre les responsables de crimes de guerre israéliens,
– du soutien des Etats européens aux actions légales menées dans le cadre de l’action Boycott-Désinvestissement-Solidarité.
Le Tribunal appelle également l’Union européenne et chacun de ses Etats membres à imposer à Israël les sanctions nécessaires, par des mesures diplomatiques, commerciales et culturelles, afin de mettre un terme à l’impunité dont cet Etat bénéficie depuis des décennies.
La deuxième session du Tribunal aura lieu à Londres du 20 au 22 novembre 2010. Elle sera consacrée à l’examen de la complicité des entreprises multinationales dans les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises par Israël. Le budget prévisionnel de la session de Londres est de l’ordre de 150.000 Euros. Nous avons pu réunir à ce jour un peu plus de 50.000 Euros. Nous attendons des rentrées d’argent imminentes, comme suite à des promesses de dons. Par ailleurs, les Comités nationaux d’appui de France, Belgique et Grande-Bretagne ont organisé ou vont organiser des soirées de soutien qui permettront de lever des fonds.
Toutefois, cela risque de se révéler insuffisant, d’autant plus que nous avons présente à l’esprit la perspective des deux sessions qui suivront celles de Londres, l’une en Afrique du Sud et l’autre à New-York.
Le soutien financier est donc vital.
Les dons peuvent être adressés par chèques libellés à l’ordre du CNA-France (Comité National d’Appui-France) 40, rue de Malte, 75011 Paris.
Il est à noter que l’appel à constitution du tribunal Russel pour la Palestine a été lancé par Ken Coates, décédé récemment, Nurit Peled et Leïla Shahid.
Nurit Peled est Israélienne. Elle milite de manière résolue et constante pour les droits des Palestiniens. Elle a subiun drame personnel. Elle a en effet perdu sa fille Smadar, âgée de 14 ans, dans un attentat suicide commis par un kamikaze palestinien. Non seulement, ça ne l’a pas détournée du soutien au peuple palestinien mais elle a attribué la responsabilité de sa mort à Netanyahu, premier ministre à cette époque, par ces mots : « Tu obliges par ta politique nos enfants à être assassins ou assassinés« . Elle a ajouté : « Ma petite a été assassinée parce qu’elle était une israélienne, par un jeune homme humilié, opprimé et désespéré jusqu’au suicide, au meurtre et à l’inhumanité, simplement parce qu’il était un palestinien. Leurs sangs sont mêlés maintenant sur les pierres de Jérusalem, qui grandit indifférente au sang« .
Appel de juillet 2006
Le collectif « Trop, c’est trop! » appelle Israël à mettre un terme à un conflit qui constitue une « fuite en avant »
Appel paru dans Libération du jeudi 27 juillet 2006 et dans L’Humanité du 29 juillet 2006* au moment des opérations — suite à des tirs de roquettes sur Israël et à la capture de soldats israéliens — menées par l’armée israélienne contre le Hamas dans la Bande de Gaza et contre le Hesbollah au sud-Liban, opérations qui ont fait à Gaza et au Liban plus de 1200 victimes civiles.
Assez !
Étienne Balibar, Suzanne Citron, Stéphane Hessel, Alain Joxe, Henri Korn, Gilles Manceron, Marie-José Mondzain, Abraham Ségal, Annie Ségal, Pierre Vidal-Naquet.
Nous le savons, nous l’avons suffisamment entendu : Israël a le droit de se défendre, de libérer ses soldats pris en otage, et, selon ses généraux, la meilleure façon de se défendre est, bien sûr, d’attaquer.
Attaquer Gaza, arrêter des ministres et des parlementaires (ils sont du Hamas, donc des terroristes), liquider des activistes ainsi que leurs parents et leurs voisins, détruire des centrales électriques, affamer la population, rendre la vie des Gazaouis impossible (et leur apprendre par la même occasion où ça les mène d’avoir voté pour le Hamas).
Attaquer le Liban de tous les côtés et par tous les moyens, faire fuir des centaines de milliers de Libanais sur des routes défoncées et des ponts détruits par les bombes, tuer des civils et des soldats – et même quelques miliciens du Hezbollah – en rasant des villages et des quartiers : à qui la faute si les terroristes se cachent au milieu de la population civile ?
Israël peut donner aux Libanais une bonne leçon de légalisme : qu’ils comprennent le danger de ne pas respecter une résolution du Conseil de sécurité sur le désarmement du Hezbollah. Car Israël est le meilleur exemple pour le respect des résolutions de l’Onu, pour la non-agression des pays voisins, pour un traitement humanitaire des populations en Palestine occupée (assez ingrates pourtant, puisqu’elles ne reconnaissent pas les bienfaits de la colonisation).
Dans le cas d’Israël – petit pays démocratique entouré par des dizaines de millions d’Arabes –, qui pourrait s’opposer au nettoyage de ces bourbiers terroristes, en attendant la punition sévère de leurs protecteurs syriens et iraniens, même au prix de quelques destructions, même si quelques centaines de milliers d’innocents en souffrent ? Pas les « amis américains », pas même les États européens.
Reste l’opinion publique, notamment les associations, collectifs et individus qui, dans de nombreux pays, agissent depuis des années contre la guerre, contre l’occupation des Territoires et pour un dialogue juste et constructif entre Israéliens et Palestiniens ? Ce dialogue, maintes fois ébauché, maintes fois interrompu, constitue la meilleure chance d’une paix à construire.
À l’opposé de la logique guerrière, nous pensons que des victoires militaires ne garantissent pas l’avenir d’Israël. Seuls un dialogue ouvert et la recherche patiente d’une cohabitation avec un véritable État palestinien permettraient aux Israéliens d’obtenir la paix avec leurs voisins arabes.
Mais nous sommes encore là, en plein conflit, dans le désarroi, comme des orphelins.
Nous autres, qui faisons partie du collectif « Trop, c’est trop ! » constitué en décembre 2001 à l’initiative de l’historienne Madeleine Rebérioux, nous crions aujourd’hui : « Assez ! »
Assez de cette folie guerrière, assez de cette agression abominable menée au nom d’Israël contre des Libanais et des Palestiniens, agression paranoïaque qui provoque en retour des tirs meurtriers contre des civils israéliens. Assez de ce comportement cynique qui utilise les trois soldats otages comme prétexte pour régler leur compte aux partisans du Hamas et aux membres du Hezbollah, lesquels ne cessent en réalité de se renforcer par leur résistance aux attaques d’Israël. Assez de cette fuite en avant vers une conflagration hasardeuse où les États-Unis « défendraient » Israël en se lançant dans une nouvelle guerre aux conséquences incalculables contre la Syrie et l’Iran.
Assez de cette course effrénée vers l’abîme.
* La version intégrale du texte avec tous ses signataires est parue dans L’Humanité.
Assez 27 juillet 2006 (pdf)
Premier appel du 13 décembre 2001
Appel lancé le 13 décembre 2001 par Madeleine Rebérioux, Pierre Vidal-Naquet et d’autres personnalités, publié d’abord dans le quotidien Le Monde daté des 30 et 31 décembre 2001, puis une deuxième fois, avec une nouvelle liste de signataires, dans celui daté des 13 et 14 janvier 2002.
_____Trop, c’est trop !
Les dirigeants palestiniens, Yasser Arafat en tête, qui serra naguère la main d’Itzhak Rabin, sont aujourd’hui cernés à Ramallah par des tanks israéliens.
Les bombes pleuvent sur le territoire où vit encore une partie du peuple palestinien. Rien, nous disons bien, rien – y compris les attentats inacceptables commis par des kamikazes – ne peut justifier de tels actes.
Le peuple palestinien a le droit de vivre libre. Il a droit à un État véritable.
Il est temps, il est plus que temps, que le peuple israélien, que tous les peuples du monde en prennent conscience et agissent.
Nous aurions honte de ne pas le crier : « Trop, c’est trop ! »
Paris, le 13 décembre 2001.
Premiers signataires :
ASURMENDI Jésus, BALIBAR Etienne, CULIOLI Antoine, DE BRUNHOFF Mathieu, JOXE Alain, KORN Henri, LABICA Georges, MANDOUZE André, MIQUEL André, PERROT Michèle, REBERIOUX Madeleine, SCHWARTZ Laurent, SEEBACHER Jacques, SOBEL Bernard, VIDAL-NAQUET Pierre ;
auxquels se sont joints BAUDOUIN Patrick, BIRNBAUM Norman, BRAUMAN Rony, CASTEL Robert, CITRON Suzanne, HATZFELD Henri, LACOSTE Yves, NANCY Jean-Luc, NYSSEN Hubert, PROST Antoine, SCHNAPP Alain et SCHWARTZ Bertrand.
